Publié le 9 Septembre 2009
Le 2 septembre dernier le Groupe d'études sur les Fruits et Légumes de l'Assemblée Nationale dont Philippe MARTIN est membre, a auditionné Bruno Le Maire, Ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche.
Le Ministre a tout d'abord précisé que la question du remboursement des aides agricoles intervient dans un contexte de crise internationale générale (tous les fruits et légumes sont en difficulté).
En ce qui concerne le remboursement des aides, le Ministre a fixé les 4 orientations suivantes :
- gagner du temps,
- que les producteurs ne soient pas pénalisés,
- que les remboursements n'écrasent pas les producteurs qui sont en situation critique,
- mener une bataille de procédure avec Bruxelles pour faire baisser la note.
Il a rappelé ensuite que la crise a deux aspects, l'un structurel et l'autre conjoncturel.
Sur le plan structurel, il est désormais indispensable de repenser la PAC, de baisser le coût du travail, et de réorganiser la filière Fruits et Légumes.
Sur le plan conjoncturel, nos producteurs doivent faire face à la baisse des exportations et à un afflux de produits venant d'Espagne et d'Italie suite à la fermeture des marchés des pays d'Europe de l'Est.
A l’issue de cette présentation du Ministre de l’Agriculture, Philippe MARTIN est intervenu afin de lui faire part des préoccupations des maraîchers et de la sixième circonscription.
Ainsi le Député de la Marne a abordé la question de la distorsion de concurrence concernant les produits phytopharmaceutiques. En effet, la France s'est imposée, avec le Plan Ecophyto 2018, une réglementation plus stricte que celle de l'Union Européenne puisque 15 molécules supplémentaires sont interdites.
Le Ministre a répondu aux députés qu'on ne peut pas interdire l'importation de produits ne répondant pas aux normes françaises dans la mesure où ils respectent la réglementation européenne. En revanche, il faut, selon lui, valoriser les produits français en mettant en avant le fait que leur production est plus respectueuse de l'environnement, ce qui justifie un prix d'achat supérieur. Il souhaiterait que la France serve de modèle et que notre réglementation soit, dans un avenir proche, la norme européenne.
En réponse à l’interrogation de Philippe MARTIN à propos de la taxe carbone, Bruno Le Maire a assuré les députés qu'il avait tout à fait conscience des menaces qu'elle ferait peser sur les producteurs, et en particulier sur les serristes. Il est, selon lui, impensable de prélever une Taxe Carbone sans qu'il y ait un retour vers les producteurs. Il compte intervenir auprès du Premier Ministre et du Président de la République pour qu'une redistribution immédiate à l'euro près soit accordée notamment aux serristes.
Enfin, le Ministre a tenu à apporter les précisions suivantes :
- Pour soutenir les producteurs, le Ministre a demandé à la Grande Distribution - d'abandonner les « remises rabais ristournes », puisqu'elles ne correspondent plus à une réelle mise en valeur des produits. Cet abandon permettrait aux producteurs de récupérer 4 à 5 % de marge. A ce jour malheureusement, le Ministre est confronté à un refus de la Grande Distribution.
- Bruno Le Maire se penche également activement sur la question du coût du travail, car 60% du prix des fruits et légumes sont liés au coût du travail, ce qui ne permet pas aux producteurs de s'en sortir. L'harmonisation fiscale est impossible à obtenir, néanmoins, le Ministre
compte demander à Bruxelles la mise en place d'une Commission d'enquête sur le travail saisonnier afin de lutter contre le travail au noir qui est trop courant chez certains de nos partenaires européens.